Lauréats 2007 du concours de la Résistance et de la Déportation, une trentaine de lycéens de Loire-Atlantique ont voyagé au coeur de la mémoire du maquis du Vercors.
Invités par l'association nantaise Les Relais de la Mémoire, les lycéens de Nantes, Châteaubriant, Bouguenais, Saint-Herblain, Guérande ou Saint-Brévin-les-Pins ont parcouru le Vercors pendant trois jours. Itinéraire touristique, mais aussi voyage au coeur de l'Histoire. Une initiative soutenue par les associations de déportés et résistants, la Ville de Nantes et le conseil général.
La visite au Mémorial de Vassieux-en-Vercors fut l'occasion de rappeler la résistance héroïque du célèbre maquis. Durant l'été 1944, à l'heure du Débarquement allié en Normandie, quelque 4 000 maquisards français s'opposèrent pendant deux mois aux assauts des Nazis. La répression fut terrible de la part de l'occupant. Le village de Vassieux eut 72 de ses habitants massacrés et toutes ses maisons brûlées par un ennemi sans pitié...
Deux déportés nantais à leurs côtés
Vassieux fait partie des cinq localités françaises élevées au rang des Compagnons de la Libération par le général de Gaulle. Nantes le fut dès le 11 novembre 1941, au lendemain de la tragédie des cinquante otages. Vassieux auquel s'ajouteront Grenoble, Paris et l'île de Sein. « Nous souhaitions faire ce déplacement - à l'invitation de M. Blanc, maire de Vassieux - dans le cadre du rapprochement entre les villes compagnons de la Libération », rappelle Edmonde Miossec, présidente des Relais de la Mémoire.
Sur le site de La Chapelle-en-Vercors, où tous les hommes de 17 à 50 ans furent passés par les armes en représailles, Paul, un ancien du maquis, témoigne auprès des élèves.
Les jeunes Nantais resteront marqués par cette rencontre. « C'est vraiment très fort de rencontrer quelqu'un comme ça ! Moi qui n'aime pas l'école, là je l'aurais écouté pendant des heures ! », confie un collégien. « On ne peut pas s'imaginer que le sacrifice de ces hommes ait été si grand, ajoute une lycéenne. J'ai beau avoir déjà entendu des témoignages d'anciens résistants, être là sur les lieux où ça s'est passé, ça me bouleverse encore plus. »
Pendant le séjour, deux déportés nantais, André Chauvel, détenu à Mauthausen (Autriche) et André Gaillard, à Dachau (Allemagne), accompagnèrent les lauréats. L'un et l'autre témoignèrent de leur parcours respectif devant des élèves conscients de vivre des instants uniques.
Les Relais de la Mémoire, fondés par André Chauvel (président d'honneur), résistant et déporté nantais, sont aujourd'hui présidés par Edmonde Miossec, professeur d'histoire retraitée. L'association est la cheville ouvrière du Comité du concours scolaire départemental de la Résistance et de la Déportation. Renseignements au 1, place de la Petite-Hollande, 44000 Nantes (tél. 02 40 47 64 50).
Le concours de la Résistance et de la Déportation 2008, ouvert aux élèves des classes de 3e des collèges et aux lycéens, aura pour thème : « L'aide aux personnes persécutées et pourchassées en France pendant la Seconde Guerre mondiale : une forme de résistance. »