La pollution par les nitrates diminue. C'est le constat dressé hier par Bernadette Malgorn, la préfète, et Ambroise Guellec, le vice-président de la Région. Mais surtout pas de cocorico ! Car les algues vertes continuent à souiller nos côtes.
« Les pics de pollution par les nitrates ont baissé de 62 milligrammes par litre d'eau à 48 milligrammes entre 1998 à 2003, observe Ambroise Guellec. Ça commence à vouloir dire quelque chose. »
Ambroise Guellec a participé avec les responsables de 44 bassins versants au bilan d'étape sur le troisième programme Bretagne Eau Pure inscrit au contrat de plan 2000-2006 (1). « La teneur moyenne en nitrate a baissé de 43 milligrammes par litre d'eau à 36 ou 37 milligrammes. Ça descend doucement, mais sûrement. »
Attention au glyphosate
Cette bataille pour l'eau a un prix. 30 millions d'euros ont été dépensés depuis 2000 sur une enveloppe de 75 millions. Le précédent programme, d'un montant de 38 millions d'euros, avait été épinglé par la Cour des comptes pour manque d'efficacité. « Cette fois, nous avons de vrais résultats avec des perspectives claires », martèle Ambroise Guellec. Et les malodorantes algues vertes toujours présentes sur nos côtes ? « Le bilan n'est pas miraculeux, même si l'évolution est positive sur certains bassins, concède Jean Buchon, conseiller général des Côtes-d'Armor. Nous allons lancer l'action « Prolittoral » avec le Centre de valorisation des algues de Pleubian et Ifremer. D'ici quatre ou cinq ans, on verra les choses avancer. »
Et les pesticides ? « Les résultats s'améliorent sur les molécules les plus fréquemment présentes dans l'eau, répond Bernadette Malgorn. Certaines, comme l'atrazine, ont été interdites. En revanche, le glyphosate est préoccupant, car on le retrouve de plus en plus souvent dans l'eau, sous une forme dégradée. » La préfète invite donc les jardiniers à diminuer les doses d'herbicides. Même consigne pour les agents de la SNCF chargés de nettoyer le bord des voies.
Concernant les ZES, les zones excédentaires en azote, elle rappelle que « la réglementation est stricte et il n'y a pas d'extension des élevages ». Pourtant, le ministre de l'Agriculture et sa collègue de l'Environnement ont promis « une respiration » dans ces zones pour permettre à des exploitations de se restructurer. « Nous aurons le mode d'emploi dans quelques jours, promet-elle. D'autre part, des aides seront accordées aux éleveurs qui accepteront de réduire volontairement leur cheptel pour se mettre en règle avec les normes environnementales. »
(1) Depuis hier, il y en a 45, avec l'arrivée de l'Islet-Flora, dans les Côtes-d'Armor.